Éligibilité de l'éditeur

Les sites de presse en ligne d'information politique et générale sont les sites reconnus comme tels par la Commission Paritaire des Publications et Agences de Presse selon la dernière liste publiée par la CPPAP au dernier jour du trimestre précédant la demande de financement auprès du Fonds.

Éligibilité des projets

Seuls de nouveaux « projets » sont éligibles c'est-à-dire des projets ayant commencé à compter du 1er janvier 2013. Les projets éligibles au financement du Fonds sont les projets éditoriaux numériques, de développement d'audience numérique, de monétisation et de développement technologique permettant l'innovation des sites de presse en ligne d'information politique et générale et l'accélération de la mutation vers le numérique, et sur tous les supports (internet, smartphones, tablettes, TV connectées…).

 

Les projets présentés devront être compatibles avec :

  • la viabilité économique de l'éditeur porteur du projet (ce qui ne saurait exclure des projets éligibles ceux des « start up » ou des éditeurs ayant une seule présence en ligne (« online pure players ») à condition qu'ils soient agréés sites IPG en ligne par la CPPAP dans les conditions mentionnées ci-dessus) ;
  • sa capacité à exécuter le projet et à mobiliser les moyens nécessaires à l'exécution du projet ;
  • la capacité d'innovation du service de presse en ligne et l'expérience de ses dirigeants en la matière, donnant les garanties que le projet sera mené à bien ;
  • la capacité du service de presse en ligne de mener à bien le projet, notamment au regard de son chiffre d'affaires et de son audience (ce qui ne saurait exclure des projets éligibles ceux des « start up » ou des éditeurs ayant une seule présence en ligne), et au regard de l'importance du projet, appréciée notamment par l'importance des publics nouveaux visés par le projet.

 

Objectifs recherchés par le Fonds pour chaque projet :

Les projets éligibles doivent avoir pour objectif direct :

  • la création de nouvelles sources de revenus pour les éditeurs de presse en ligne ; et/ou
  • la mise en place de nouveaux modèles économiques, notamment par la production de contenus éditoriaux innovants.

Critères d'appréciation

Le Conseil d'administration du Fonds étudie chaque projet, et prend la décision d'apporter un financement en prenant en considération les critères suivants :

 

1. L'innovation apportée par le projet et son impact sur la transition vers le numérique

EXEMPLES

  • un projet permettant aux éditeurs d'investir dans des outils et des ressources humaines permettant de comprendre et d'approfondir leur connaissance de leur audience ;
  • création de la version mobile ou tablette d'un site, ou l'adaptation à la télévision connectée ou à tout nouveau mode de communication/consommation de la presse numérique à venir ;
  • développement d'applications natives ou web mobile ou responsive design ;
  • création de nouveaux formats publicitaires et investissement dans les technologies adaptées à ces derniers ;
  • développements vidéos s’ils contribuent à une source de revenus avec pour but d'améliorer le modèle économique numérique de l'éditeur ;
  • développement de zones abonnés premium avec de nouvelles propositions éditoriales numériques pour améliorer l'offre lecteur sur le numérique et donc accélérer la mutation des usages vers le numérique et les revenus numériques.

Le contenu éditorial ou journalistique numérique innovant ou nouveau s'entend d'un contenu spécifique au site de l'éditeur de presse. Il doit s'agir d'un contenu enrichi (au moyen de nouvelles méthodes de communication telles que la vidéo ou une composante de réseau social). Son format doit être spécifique aux nouveaux outils de consommation de la presse en ligne connus et inconnus à ce jour (sites, smartphones, tablettes, tv connectées…). Il ne peut s'agir simplement d'un texte destiné à être initialement développé dans la version papier de l'éditeur.

Le caractère innovant s'apprécie pour chaque projet en tant que tel, en prenant en considération la transition numérique que chaque éditeur opère ou renforce, mais également au regard du positionnement du projet sur le marché de la presse IPG en ligne.

Par positionnement, il est entendu notamment nouveau format, nouveau dispositif de publication online, ou nouvelle périodicité, créant à terme ou immédiatement un nouvel inventaire publicitaire et/ou de nouvelles sources de revenus.

A ce titre, la « rupture technologique » (l'utilisation de dispositifs technologiques nouveaux) ne peut être le seul critère pour apprécier le caractère innovant d'un projet ; néanmoins tout projet devra utiliser des technologies numériques y compris pour les projets éditoriaux innovants (ex. : utilisation de vidéos ou de nouveaux formats numériques).

 

2. Le business plan associé au projet

L’éditeur exposera dans son business plan la totalité des ressources allouées et des revenus nouveaux sur une période habituellement de 3 à 5 ans, étant précisé que le business plan pourra contenir des hypothèses.

Le business plan devra comporter les éléments suivants :

2.1. Pour le financement du projet

  • La part de l'investissement demandé au Fonds
  • Les sources de financement émanant de l'éditeur lui-même
  • Un calendrier prévisionnel des versements demandés au titre du projet avec étapes-clef, étant précisé que ces étapes-clef seront définies dans le contrat avec l’éditeur. L’éditeur distinguera :
    • les étapes et versements liés au développement du projet avant lancement et ouverture du projet aux utilisateurs (dite « phase de mise en œuvre du projet ») ;
    • les étapes et versements après lancement et ouverture du projet aux utilisateurs (dite « phase d’exploitation »).

2.2 Pour la durée de vie du projet

2.2.1 Rentabilité

L’éditeur proposant un projet démontrera comment le projet trouvera une rentabilité directe ou indirecte sous la forme d’un retour positif en cash flow et de créations de valeur sous-jacentes.
Le Conseil d’administration étudie la rentabilité des projets.

La rentabilité dépendra du type de projet et sera examinée par le Conseil d’administration notamment sous les angles suivants :

  • audiences numériques nouvelles et monétisables ;
  • audiences nouvelles d'abonnés numériques payants (base de souscription et durée d'engagement) ;
  • autres sources de revenus, telles que l’exploitation des bases de données clients…
  • les éventuelles économies internes liées à ce projet d'innovation ;
  • l’évolution prévisible du marché numérique global en France.

2.2.2 Indicateurs économiques

L’éditeur présente son Business Plan en utilisant un certain nombre d’indicateurs économiques pour la durée du Business Plan, tels que :

  • Investissements liés à la création du produit/service ;
  • Modèle(s) économique(s) (gratuit, publicité, freemium, souscription…) ;
  • Audiences générées avec un détail portant notamment sur :
    • quantification de l’audience ou des audiences ;
    • qualification de cette audience (CSP, données démographiques, audience mobile/fixe, caractère monétisable, comparables) ;
  • Revenus publicitaires nouveaux : détail du nombre d’impressions et CPM attendus
  • Base de données clients décrivant notamment les éléments suivants :
    • Revenu annuel moyen par utilisateur abonné (ARPU) ;
    • Durée d’abonnement moyenne (ALC) ou 1/Churn Rate ;
    • Valeur créée par un nouvel abonné (lifetime value - LTV) s'appréciant par exemple sur la base du calcul suivant : LTV = ARPU x ALC – Cost ;

et tout autre éventuel indicateur de retour sur investissement jugé pertinent par l’éditeur.

Pendant la durée du projet et jusqu’à l’expiration du contrat entre l’éditeur et le Fonds (et non simplement à l’occasion de la période d'amorçage financée par le Fonds), l'éditeur fournira au Conseil d'administration du Fonds un rapport d’activité annuel (selon un modèle fourni par le Fonds).

Si le rapport indique des éléments montrant une déviation significative par rapport au Business Plan, le Conseil en sera averti notamment par le Directeur, éventuellement sur la base des informations fournies par la société désignée pour réaliser l’audit des projets.
La demande de fonds supplémentaires sera conditionnée au respect du Business Plan ou à la démonstration d'une création de valeur que le Conseil appréciera. Ces dispositions sont sans préjudice des dispositions concernant la clause d'audit figurant dans le contrat conclu entre l’éditeur et le Fonds.

 

3. L'impact potentiel du projet

L'impact potentiel du projet en termes de transformation de l'organisation des rédactions et des méthodes de travail. Les dépenses de transformation de l'organisation des rédactions, des méthodes de travail, ou de réduction des coûts ne peuvent concerner que les projets numériques approuvés par le Fonds, par opposition aux dépenses d'exploitation générales du titre de presse.

 

4. La création de nouvelles offres à destination des lecteurs

EXEMPLES

  • développement de technologies de « paid walls » ;
  • abonnement en ligne et zones premium (y compris offres éditoriales spécifiques numériques en zone premium permettant de développer le nombre de lecteurs numériques) ;
  • abonnement spécifique au mobile et aux tablettes ou aux TV connectées ou tout nouveau support ;
  • offre ayant pour objet le développement de l'adoption des tablettes (package abonnement contenu/applications/matériel etc.).

 

5. La production originale de contenus éditoriaux et journalistiques

(telle que définie ci-dessus au paragraphe 1. « Innovation apportée ») qui contribue à accélérer la mutation numérique des éditeurs et représente pour cet éditeur une innovation.

EXEMPLES

  • création de contenu vidéo y compris l'acquisition d'infrastructure technique (ex. : studio, post production) ;
  • journalisme « data base » développement de contenu enrichi, animé et interactif avec des graphes, tableaux, cartographie, chiffres… ;
  • développement international du contenu – contenu traduit et adapté pour un nouveau pays ;
  • développement de contenus et de nouveaux formats pour le web, le mobile, les tablettes et la télévision connectée ou tout nouveau mode de consommation de la presse en ligne à venir (ce qui doit amener à reconsidérer également le format de l'inventaire publicitaire associé) ;
  • développement d'offres premium (selon définition du contenu innovant ci-dessus) pour les abonnés numériques afin d'enrichir leur contrat de lecture et de développer les usages numériques.

Google peut donner des conseils technologiques permettant aux éditeurs d'avoir recours à ses technologies et/ou services lorsqu'ils sont pertinents.

Dépenses éligibles

Les dépenses éligibles à un financement du Fonds sont :

  • les dépenses de salaires pour les personnels internes ou externes (journalistes, équipes de développement technique, équipes commerciales et marketing) au prorata des personnels et des temps de travail directement affectés à la réalisation du projet sur la durée du projet, ainsi que les dépenses de formation ;
  • les dépenses d'immobilisations (investissements corporels, incorporels et immatériels) directement liés aux projets ; les dépenses de location de bandes passantes et des logiciels sont assimilées à des dépenses d’immobilisations quel que soit leur mode de financement ;
  • les factures des prestations extérieures nécessaires à la réalisation du projet (ingénierie éditoriale, graphisme, maquette, bases de données, marketing, achat de contenus éditoriaux). Le financement des dépenses marketing par le Fonds pourra s'élever au maximum à 20% des dépenses présentées (maximum de 20% des 60% financés par le Fonds) ;
  • les dépenses d'exploitation sont éligibles sur une période déterminée, proposée par l'éditeur et validée par le Conseil d'administration. La période d'éligibilité des dépenses d'exploitation couvre la phase de mise en place du projet, ainsi qu'une phase d’exploitation du projet (nécessaire notamment pour atteindre les objectifs visés par l'éditeur).

La phase d’exploitation du projet finançable par le Fonds ne peut excéder une durée de 9 mois après la date de lancement. Le Conseil pourra, si le projet est particulièrement innovant et nécessite un accompagnement financier plus long, décider de prolonger cette période de manière exceptionnelle.

Que finance le Fonds ?

Modalités de financement des projets

Les modalités de financement sont validées par le Conseil d'administration sur la base des demandes formulées par l'éditeur, qui présente un échéancier de paiement en fonction de la réalisation du projet, de l'engagement des dépenses internes et des présentations de factures liées aux dépenses externes. L'éditeur peut solliciter, au moment de l'approbation de son projet, le versement d'un acompte initial ne dépassant pas 30 % du montant total du financement.
Les projets peuvent avoir démarré avant leur présentation au Fonds afin de ne pas ralentir les efforts d'innovation des sites.

Le financement se fera dans une proportion variable et pouvant être au maximum de 60% des dépenses éligibles, dans la limite de 2 M€ par projet. Le taux du financement peut être diminué, au regard notamment des critères d’éligibilité du projet.

Exceptionnellement, le Conseil d’administration pourra être amené à réviser ces plafonds.

Les projets présentés au Fonds par les éditeurs ne pourront pas avoir bénéficié d'un financement public provenant du Fonds Stratégique pour le développement de la presse, en ce qui concerne leur site de presse en ligne, préalablement accepté ni, s'ils ont été acceptés, faire l'objet d'un financement postérieur par le Fonds Stratégique pour le développement de la presse. Lors de sa demande de financement, l'éditeur signera une déclaration sur l'honneur garantissant que le Projet présenté n'a pas fait l'objet de financements passés ou de demandes en cours auprès du Fonds Stratégique pour le développement de la presse.

Le Fonds peut accorder plusieurs financements pour différents projets présentés par un même éditeur étant précisé que (i) le Conseil d’administration s’oblige à respecter la diversité des projets sélectionnés ainsi que des éditeurs bénéficiaires et (ii) pourra prendre en considération les financements par ailleurs accordés par le Fonds au même éditeur à titre individuel ou dans le cadre d’un projet collectif, et au regard de la dotation globale dont bénéficie le Fonds.
Lorsqu’il reçoit des demandes de règlement de la part d’éditeurs, le Directeur s’assure de leur cohérence avec le Business Plan présenté au Fonds, et notamment du respect des étapes-clef ; il en tirera toutes les conséquences éventuelles sous le contrôle du Conseil d’administration, étant précisé que seul le Conseil d’administration pourra décider d’une résiliation ou d’une suspension du contrat entre le Fonds et l’éditeur.